Le taux du Livret A tombe à 1,5 %, nouvelle aubaine pour les banques

Le ministre de l'Économie Roland Lescure a fixé le taux du Livret A à 1,5 % à compter de février 2026. Troisième baisse en à peine un an, cette nouvelle décrue profite surtout aux banques et aux bailleurs sociaux, tandis que les épargnants voient leur rendement divisé par deux.
 

Roland Lescure a tranché jeudi. Le Livret A passera de 1,7 % à 1,5 % dès le mois prochain. Le ministre de l'Économie justifie cette décision en affirmant que ce nouveau taux, supérieur à l'inflation, préserve le pouvoir d'achat des ménages. Actuellement à 1,7 %, le rendement de ce produit d'épargne détenu par 57 millions de Français est calculé chaque semestre par la Banque de France et son gouverneur, François Villeroy de Galhau, qui le transmet pour validation à Bercy.
 

Le taux tient compte, d'une part, d'un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne et, d'autre part, de l'inflation, mesurée à 0,8 % en décembre par l'INSEE. Cette deuxième composante plombe aujourd'hui le taux du Livret A, car la hausse des prix a considérablement ralenti en France. Roland Lescure a précisé lors d'un échange avec la presse qu'il a appliqué la formule en l'arrondissant à la hausse. Sans cet arrondi, le taux du Livret A serait tombé encore plus bas, à 1,4 %.
 

Maigre consolation pour les épargnants
Ce coup de pouce est une maigre consolation pour les épargnants, qui ont vu le taux du Livret A, aussi valable pour le Livret de développement durable et solidaire, divisé par deux en à peine un an. Il avait commencé 2025 à 3 %, avant d'être ramené à 2,4 % puis à 1,7 % au cours de l'année dernière. Il faut remonter à juillet 2022 pour retrouver un taux inférieur.
 

Philippe Crevel, directeur du think tank Cercle de l'Épargne, résume dans une note que la baisse du taux du Livret A est une mauvaise nouvelle pour les épargnants.
 

Même légèrement amortie, cette baisse permettra parallèlement aux acteurs du logement social, dont les conditions d'emprunt sont indexées sur ce taux, de se financer moins cher. Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale pour l'habitat, qui représente les bailleurs sociaux français, a commenté qu'il s'agissait d'une bonne nouvelle.
 

Cette réduction constitue également une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l'épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles. Les analystes de l'agence de notation Fitch ont calculé que cette nouvelle réduction de taux aura un impact positif de 530 millions d'euros pour les banques françaises. Au total, les baisses successives devraient engendrer une économie de 4 milliards d'euros par rapport à l'année 2024, selon ces experts.
 

Les assureurs se réjouissent aussi de voir leurs assurances vie, qui ont fait le plein ces derniers mois, encore plus compétitives face au Livret A.
 

Focus sur le LEP
La Banque de France et Bercy ont par ailleurs mis l'accent sur le Livret d'épargne populaire, réservé aux épargnants modestes, qui bénéficie d'un geste en sa faveur encore plus important que le Livret A. Roland Lescure a souligné qu'il a tenu à conserver un avantage marqué pour les plus modestes, en fixant le nouveau taux du LEP à 2,5 % au 1er février, contre 2,7 % aujourd'hui.
 

François Villeroy de Galhau avait souligné mercredi que le LEP était le vrai produit, le plus avantageux, d'épargne populaire. Peu mis en avant par les agences et les sites internet des banques qui le commercialisent, ce produit peine à trouver son public. Les quelque 12 millions de LEP ouverts restent loin des 31 millions de personnes éligibles.
Roland Lescure a insisté pour engager les Français qui sont éligibles, qui sont en dessous des conditions de revenus qui permettent d'y avoir accès, à se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret.