CDHR : la contribution sur les hauts revenus s’installe dans la durée

Initialement conçue comme un dispositif transitoire, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est pérennisée par le projet de loi de finances pour 2026. Une confirmation qui acte un changement durable dans la manière d’appréhender l’imposition des revenus élevés.
 

Un impôt ciblé sur le taux effectif
Créée par la loi de finances pour 2025, la CDHR vise un objectif simple : garantir un taux d’imposition effectif minimal à l’impôt sur le revenu de 20 %. Elle s’applique aux contribuables dont les revenus excèdent 250 000 euros pour une personne seule ou 500 000 euros pour un couple soumis à imposition commune.
 

Le dispositif cible principalement les profils percevant des revenus largement soumis à la flat tax. Dividendes, intérêts, plus-values mobilières ou encore produits de rachats sur certains contrats d’assurance-vie peuvent en effet bénéficier d’un taux forfaitaire sensiblement inférieur au barème progressif.
 

Une mécanique désormais bien rodée
Le projet de loi de finances pour 2026 ne modifie pas l’architecture de la CDHR, mais en confirme la logique. Le mode de recouvrement reste inchangé : les contribuables concernés devront verser, dès le mois de décembre, un acompte correspondant à 95 % de la contribution estimée, dès lors que leur taux effectif d’imposition est inférieur à 20 %. Ce point constitue l’un des aspects les plus contraignants du dispositif. Il impose une anticipation très fine de la situation fiscale, bien avant la liquidation définitive de l’impôt.
 

Une nouvelle normalité fiscale
En pérennisant la CDHR, le gouvernement entérine un arbitrage clair. Plutôt que de remettre en cause frontalement la flat tax, il choisit d’en corriger les effets par un mécanisme de rattrapage ciblé. Pour les hauts revenus, la contribution cesse d’être une exception : elle devient un paramètre structurel de la stratégie patrimoniale.